ARTICLE PRESS FESTIDAYS

ARTICLE DE SUD OUEST POUR LE FESTIDAYS GAY 2006

 

 

MIMIZAN

Un succès pour ce week-end "Entre nous" avec cinéma, conférences, expositions et spectacles non-stop


La ville à l'heure gay

: Richard Lalanne

Créée en juin 2005, l'association gay et lesbienne Entre Nous s'est fixé pour objectifs de lutter contre les discriminations, rompre l'isolement, agir pour la prévention contre les MST et organiser des rencontres. Pourquoi "Entre nous", s'agissant d'une initiative qui s'inscrit nettement dans une démarche d'ouverture refusant le communautarisme et la ghettoïsation ? S'il est rare pour les homosexuels de se trouver confrontés dans le département à des attitudes discriminatoires en matière de logement, d'emploi ou de vie privée, comme l'atteste le président Gaetan Cossoul, il n'en pas moins vrai qu'il ne leur est pas facile d'afficher en public une simple relation de couple sans susciter gêne ou étonnement souvent, sarcasme ou réprobation parfois. Pour cette raison, les membres de l'association tiennent à se retrouver "entre nous" avec d'autres partageant les mêmes objectifs. Dès son origine, l'association a conçu le projet d'organiser à Mimizan un week-end de rencontre culturel, convivial et festif destiné à tous les publics. Samedi et dimanche, se sont déroulés en continu films et débats, forums et expositions, séquences récréatives et spectacles.


Débat sur l'homoparentalité. Pour les citoyens " homos " ou " hétéros " de ce pays, la question de l'homoparentalité aujourd'hui clairement posée présente un véritable enjeu de société. S'appuyant sur le film " Nous, enfants d'homos ", un débat animé par Claude Hannoy s'est engagé entre le public et les intervenants : Claire Altman, auteur de " Deux femmes et un couffin ", véritable parcours du combattant vécu par un couple féminin désireux de bâtir un foyer; Stéphane Nadaud, pédopsychiatre, auteur d'une thèse remarquée sur le sujet; Jean-François Bodet, avocat spécialisé dans les cas de discrimination.
De cet échange riche et passionnant avec le public, se dégagent quelques idées-forces. D'abord, si les mentalités évoluent trop lentement, la loi peut avoir une fonction pédagogique lorsqu'elle accélère les évolutions au lieu de se limiter à simplement en prendre acte. Ensuite, à l'encontre de clichés et idées reçues ou fondées, il est aujourd'hui avéré que le foyer homoparental n'induit pas de critère déterminant sur la psychologie de l'enfant, ni d'ailleurs sur son orientation sexuelle personnelle. Enfin, si une prise de conscience se développe chez l'ensemble des décideurs, le préjugé homophobe au logement ou à l'embauche reste une réalité lourde. Autant de constats accompagnés par des témoignages personnels courageux et émouvants : comme ces parents face à l'homosexualité de leur enfant évoquant des phases successives de désarroi et de questions, de résignation puis d'acceptation et au final d'amour dans la sérénité assumée. Ce père de famille également, découvrant en lui une homosexualité qu'il faut avouer et faire accepter par son propre foyer...
Au bilan, les premiers Festidays gay de Mimizan sont un succès même si Gaetan Cossoul regrette la faible présence du public local, notamment au cinéma, qui proposait deux comédies ayant connu un grand succès international, " Reinas " et " Mambo italiano ". Il semble en fait que nombre de gens ont pensé que les Festidays étaient réservés à la " communauté homo ". Pour ses prochaines manifestations, "Entre nous" entend affirmer sa communication pour mieux promouvoir une initiative ouverte vers l'ensemble des citoyens.

10/05/2006. Cet article est extrait du site www.sudouest.com

 

2 votes. Moyenne 0.50 sur 5.

Ajouter un commentaire
 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site